Le somatiquement correct ne saurait justifier les meurtres économiques et/ou les assassinats d’âmes


 


Les Grecs pour désigner la vie utilisaient deux mots :

- d’une part zoé qui correspond à la vie animale ;

- d’autre part bios, spécifique aux êtres parlants et qui correspond à la vie dans la cité (la polis), la vie politique, sociale etc.

 

Aujourd’hui le sanitairement correct l’emporte sur tous les autres discours et en son nom sont bâillonnées[1] des populations entières astreintes à résidence et ne pouvant y déroger que munies d’une laisse administrative[2] appelée attestation dérogatoire, dans le cadre d’un état d’urgence sanitaire, c’est à dire d’un état d’exception.

 

Le citoyen s’en trouve donc réduit à une sorte de « vie nue », confiné dans sa plus ou moins jolie boîte s’il en a une à sa disposition.

 

Mon travail de médecin m’a appris que le remède pouvait aussi être le poison et que toute décision thérapeutique devait peser l’avantage d’un traitement sur ses inconvénients.

Nul doute que les remèdes de cheval de nos docteurs Knock tueront économiquement les plus fragiles dans nos cités, et ce bien au-delà des commerçants et entrepreneurs poussés à la faillite qui ont, malgré tout, via leurs organisations, la possibilité de faire entendre leur détresse.

 

Dans leur grande bienveillance, nos docteurs Knock modernes entrouvrent les cages du confinement pour, disent-ils, « accéder à l’essentiel ».

La sémantique est ironique, car cet essentiel n’est que le nécessaire à la vie animale, la zoé (faire ses courses de première nécessité), ce qui est la moindre des choses ! Alors que l’« essentiel » à une vie digne est globalement interdit, à commencer par la culture  (que ce soit à travers les bibliothèques, les concerts, la danse, les expositions, le sport, etc.) ou amputé avec la distanciation, promue à un acte d’amour[3], qui réduit les relations et interactions sociales.

« En même temps »[4] nous assistons à une promotion insistante de la virtualisation de la vie via les outils de communication (télétravail, télé-enseignement, télémédecine), le tout accompagné des voix continues de la médiasphère disant en quelque sorte que la vie c’est la mort[5] et effectuant un véritable lavage de cerveau qui empêche fortement de penser autrement et perpétrant par ce faire d’innombrables assassinats d’âmes.

Le psychiatre que je suis est bien placé pour dire que quand les voix entendues commandent la pensée et intiment une conduite obligée, cela s’appelle un délire.

Ce conditionnement, via le sanitairement correct, ne saurait être anodin et sans conséquences.

Pierre Fichet le 14/11/2020.











[1]    Ce masque sanitaire a une fonction de bâillon qui semble assez efficace, ne serait-ce que par le constat de l’extinction de la plupart des manifestations de contestation.




[2]    L’humiliation est une technique de gouvernement habituelle dans les régimes totalitaires. À cet égard la Suède, en conseillant et non en imposant et réprimant  apparaît infiniment plus respectueuse de ses citoyens.




[3]    « Quand on aime ses proches, on ne s’ en approche pas trop » : phrase typiquement orwellienne.




[4]    Ça me rappelle quelqu’un qui se pensait aussi « Maître de horloges », vraisemblablement fasciné par la marche au pas sous ordonnance.




[5]    C’est le sens implicite du « restez chez vous », sous-entendant le risque de mort pour qui oserait bouger.